Rencontre avec Jean-Jacques Grand

Jean-Jacques Grand est un artiste calligraphe. Exposé à la galerie Art et Vin à la fin du mois de novembre 2014, il s’est prêté au jeu de l’interview.

  • Quelle a été votre formation? Votre parcours? 

Je suis quelqu’un qui dessine. J’ai toujours dessiné depuis que je suis petit, j’ai dû dessiner avant d’écrire. J’ai eu une éducation artistique par ma mère qui, déjà à mes 5-6 ans, m’amenait dans les musées et dans les galeries. Je voulais faire un métier lié au dessin, je voulais être artiste mais mes parents ont préféré me mettre dans une école professionnelle, l’école Estienne où l’on apprend un métier. Donc j’ai appris le métier de dessinateur-lithographe, je me suis formé au dessin de lettres et à la calligraphie. Et en sortant d’Estienne, j’ai exercé ce métier à droite à gauche. J’ai travaillé au musée de l’Homme, dans une agence de publicité et également dans des journaux. C’est à l’âge de 30 ans que je me suis mis en indépendant pour vivre de mon métier.

  • Quel est votre métier?

Alors mon métier ce n’était pas d’être peintre mais d’être illustrateur et créateur de caractères. J’ai dessiné des logos et des lettres. Le fait de dessiner et de créer des caractères pour la typographie m’a obligé à approfondir la calligraphie. Les caractères typographiques sont issus de la calligraphie et du dessin de la lettre. Je me suis donc consacré à la calligraphie, particulièrement la calligraphie latine servant de base aux caractères typographiques.

  • Comment décririez-vous votre style?

De cette calligraphie sage et disciplinée, je suis passé à une calligraphie plus libre, plus créatrice et à la recherche des espaces, des mouvements jusqu’à la calligraphie abstraite. Je me suis mis à dessiner de plus en plus en obéissant aux règles de la calligraphie, c’est-à-dire à la culture du trait : le trait expressif, fort, le trait tendre, harmonieux et éviter les traits morts.Je me suis mis à dessiner tout ce qui me passait par la tête. Je fais tout de mémoire, ce sont des choses qui sont en moi. J’essaye d’exprimer le mouvement essentiellement et l’impression que fait tel ou tel animal. Ce n’est en aucun cas une étude documentaire. Pour moi, la calligraphie consiste à remplir un espace avec des traits qui sont vivants et qui expriment quelque chose.

  • Comment se déroule votre travail? 

J’utilise les instruments de la calligraphie c’est-à-dire : des calames, des plumes et des pinceaux. Je travaille très vite, dans l’instant. Dès que je ressens intensément quelque chose, je le calligraphie très rapidement avant de penser à dessiner. Je ne conçois pas l’espace, je fais tout à l’instinct et très vite avant que mon esprit raisonne. Une calligraphie ratée ne se retouche jamais, on en fait une autre. J’ai donc fait des centaines et des centaines de chevaux, d’insectes etc. Je ne fais jamais un crayonné pour positionner ce que je vais faire.

  • Pourquoi une série sur les chevaux?

Je ne connais pas les chevaux, je ne suis jamais monté à cheval mais je les ai toujours dessinés depuis que je suis tout petit. Je dessinais des batailles avec des chevaux. Je n’ai jamais dessiné un cheval d’après un modèle. Je dis que je me sens cheval, il faut que je sois un cheval. Je n’ai jamais dit « je sens que je dois être un cavalier ». Quand je fais un poisson, je suis le poisson et quand je fais un insecte je suis l’insecte par exemple.

Par ailleurs, depuis 5-6 ans j’expose régulièrement à Saumur où il y a un salon « Art Cheval » réunissant uniquement des œuvres sur les chevaux. Cette année j’ai exposé une cinquantaine de dessins de chevaux. Dans la galerie actuellement, c’est une partie des œuvres que j’ai exposé à Saumur. Je vais également exposer au Salon du cheval à Villepinte.

  • Quels sont vos prochains projets? Vos nouvelles inspirations?

Je viens de rencontrer un danseur, je vais essayer d’aller le voir sur scène. J’ai déjà dessiné des danseuses sur des chevaux. Le thème du danseur exprime également des mouvements, aussi bien d’envol que de station. Je pense que cela va m’inspirer. Je vais peut-être laisser le cheval de côté et revenir à l’abstrait. Pour moi c’est le trait qui exprime et peu importe le sujet.

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