Les Bas-Fonds du Baroque : La Rome du vice et de la misère

Manfredi, Bacchus et un buveur

Manfredi, Bacchus et un buveur

Jusqu’au 24 mai 2015, vous pouvez découvrir l’exposition Les Bas-Fonds du Baroque : La Rome du vice et de la misère au Petit Palais à Paris.

Bien des expositions ont traité jusqu’alors de la Rome du Seicento, glorieuse Rome d’Urbain VIII où venait se presser les artistes de toute l’Europe dans l’espoir d’étudier les Léonard, Michel-Ange et autre Raphaël. Alors dominée notamment par les grands artistes du baroque que sont Bernin et Borromi, Rome au début du XVIIe siècle est à son apogée. C’est à cette Rome que s’intéresse l’exposition sous le commissariat d’Annick Lemoine et Francesca Cappelletti, Les Bas-fonds du Baroque : La Rome du vice et de la misère. Cependant, cette fois-ci le point de vue a changé et l’exposition s’attache à présenter l’envers du décor de cette Rome si glorieuse. Elle nous présente les « envers nocturnes » de Rome (comme le souligne les directeurs de la Villa Médicis et du Petit Palais, Eric de Chassey et Christophe Leribault, dans le catalogue de l’exposition), le danger, la violence, l’alcool et la tromperie. Ce sont alors en grande partie les suiveurs de Caravage, mort en 1610, qui s’attachent à présenter cet aspect de Rome, ces personnages si souvent oubliés des autres artistes. Sont ainsi représentés tous les grands artistes présents à Rome au début du siècle : Valentin de Boulogne, Bartolomeo Manfedi, Jusepe de Ribera, Claude Gellée dit Le Lorrain, Nicolas Tournier, Gerrit van Honthorst et bien d’autres. A travers ces 70 tableaux et dessins, l’exposition du Petit Palais nous plonge dans la vie des artistes, dans celle du peuple romain noyé dans l’alcool et la misère.

Se dégage plusieurs thématiques au sein de cette exposition. Tout d’abord, elle s’attache à présenter le cadre de vie des peintres qui y sont représentés, par la présentation des confréries et des rites bachiques auxquels les peintres se soumettaient, mais aussi par la présentation de Rome vue par ces artistes. A cela s’associe la présentation du mythe de Bacchus, dès la deuxième salle, qui régit la vie des artistes présentés dans cette exposition. Bien que moins représenté qu’aux précédentes époques, Bacchus garde une place importante pour ces artistes, surtout dans leurs œuvres. Ainsi, les Bas-fonds du Baroque se présente comme une exposition hors du commun, notamment de par sa scénographie, traitant un thème peu étudié jusqu’alors : les artistes caravagesques ayant été remis sur le devant de la scène par de précédentes expositions, comme « Corps et Ombres : Caravage et le caravagisme européen » présenté l’année dernière au musée Fabre et au musée de Toulouse, mais jamais de ce point de vue.

Eloïse Faity

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