Paysages Maritimes

Stéphane BUTET, un peintre, comédien et explorateur, a exposé sur le thème Paysages Maritimes, à la galerie ART & VIN du 6 octobre au 25 octobre 2015. Il a répondu à nos questions pour nous permettre de mieux appréhender son œuvre et par elle sa personne. 

stephane butet1

  1. Quelles sont vos influences?

Edward Hooper et Pierre Soulages. Dans les œuvres d’Hooper, on retrouve des personnes qui sont dans la même pièce mais qui ne se regardent pas, comme si chacun vivait quelque chose de différent tout en étant dans la même pièce. Un peu comme dans mon tableau Criée.  

Crié

Pour les peintures du Groenland, mes influences viennent des peintres du 19e siècle avec les couleurs ocres et les jeux de lumière. .

Je navigue entre la peinture et la BD. Influence cinématographique car je viens également du cinéma (dans mes cadrages). J’ai une mise en scène plus cinématographique. En peinture on est dans l’expression mais pas forcément dans une expression concrète. et moi je raconte toujours une histoire. Peindre pour juste peindre, je ne sais pas faire.

  1. Pourquoi la peinture ? Comment passe-t-on de l’exploration au cinéma et du cinéma à la peinture?

Je suis comédien de métier et en même temps un grand voyageur de l’extrême, notamment dans les pays scandinaves (Islande et Groenland). Et j’ai travaillé avec des étudiants d’un institut archéologique à Reykjavik, en tant que cameraman/reporter. C’est grâce aux storyboards de tous les documentaires faits là-bas que je me suis fait connaître. J’ai développé ces storyboards et petit à petit j’en ai fait de la peinture. A force de faire des histoires pour les autres, j’ai fini par faire mes propres histoires à travers la peinture. Il faut dire que je suis un autodidacte. Pour moi, la peinture est un moyen de traduire tout ce que j’ai pu faire dans mes voyages durant ces 15 dernières années. Et au final ma première exposition s’est fait en Bretagne au phare d’Eckmühl, dans le Finistère Sud, en avril 2015.

On peut donc dire que tout est lié entre mon métier de comédien, ma peinture, et mes voyages.

  1. Pour cette exposition pourquoi avez vous choisi la thématique de la mer ? Et celle de la montagne ?

En fait, je n’ai pas vraiment choisi parce que je n’ai que ces thèmes là, je ne fais pas d’autres peintures, je ne peins que ce que je vis. Les sujets que je présente sont ceux-là.

Je parle du monde du travaille, du monde des ouvriers, sur terre, en mer, en montagne.

Dans mes peintures je cherche à montrer la puissance d’une nature mais pas forcément la détresse. Je suis dans l’authenticité, le vrai. Mes peintures racontent mon expérience. J’ai travaillé par exemple en tant que matelot sur des chalutiers entre deux tournages, pour comprendre les gens, leur monde, leur travail, pour après traduire tout ça dans mes peintures.

Je ne veux pas être spectateur mais peindre ce que je vis. Et ça rejoint mon métier de comédien où j’ai beaucoup de rôles liés à mes expériences personnelles, par exemple dans le film l’Equipier, de Lionel Lioret, je jouais un gardien de phare.

  1. Pour chacune des œuvres principales quelle est sa petite histoire?

mer du nord

Mer du Nord: c’est une mer en Islande,  et un jour je suis sorti sur un chalutier malgré le mauvais temps et la mer s’est présenté à moi comme ça.

chiens des glaces

Chiens des Glaces: la scène se passe au Groenland, au petit matin, je me réveille devant ces chiens. Et ce jour là, j’ai quitté les traîneaux pour aller vers les montagnes qu’on voit au fond. En fait les chiens qui sont dans leur milieu naturel sont là pour nous avertir qu’il faut être prudent, du danger en quelque sorte.

autoportrait

Le phare: autoportrait qui montre l’histoire de l’isolement, au phare de la Jument au large de Ouessant, je tournais le film l’Equipier dans lequel je joue un gardien de phare.

  1. Quels sont vos projets Projet d’avenir, en termes d’œuvres?

Je fais des peintures mais cette fois-ci sur le monde paysan, où je mets les animaux en valeur grâce à des effets de lumière artificiels comme on retrouve dans le cinéma.  

Pour en savoir plus sur Stéphane BUTET:

Site internet de l’artiste 

Documentaire réalisé au Groenland 

Documentaire réalisé sur le chalutier le Cénacle

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Exposition In Vino Veritas, Le Vin, la Couleur et la Lumière

Pierre-Yves Jolit est un enlumineur qui expose du 15 septembre au 4 octobre 2015 à la Galerie, des œuvres sous la thématique du vin. Cette exposition est mise en place par l’association Les Nouveaux Frères de Limbourg, fondée par Marine Bléhaut, jeune femme de 23 ans. Cette dernière a accepté de nous donner une interview:

  • Quel est votre parcours? Présentez nous votre association. 

Je suis actuellement étudiante en master 2, spécialité Evénements Culturels, à l’Ecole de l’IESA (Institut d’Etudes Supérieures des Arts), à Paris. J’ai toujours été passionnée d’enluminure, depuis mon enfance. J’ai un peu pratiqué l’enluminure quand j’étais petite et la calligraphie. En ce qui concerne l’association Les Nouveaux Frères de Limbourg, je l’ai créée en juin 2015 dans le but de faire connaitre l’art de l’enluminure au grand public. Au départ, l’exposition de Pierre-Yves Jolit devait être mon projet de fin d’étude, mais après réflexion avec mes professeurs, j’ai choisi de faire quelque chose de plus grand et de créer cette association. Les actions de l’association sont polyvalentes: expositions, site Internet avec des articles, présence sur les réseaux sociaux, réalisation de reportages, tout ça sur l’enluminure. Notre but premier est de donner une place d’honneur à l’enluminure, de faire reconnaître l’art de l’enluminure comme relevant du domaine professionnel et non plus comme simple loisir. Aujourd’hui l’enluminure est vue comme un art médiéval, du coup, on cherche aussi à lui donner une identité contemporaine. Enfin, l’un de nos objectifs est de réunir et permettre les rencontres entre les enlumineurs car chaque enlumineur pense souvent être le seul dans telle ville, ou telle région.

  • Qu’est-ce que l’art de l’enluminure? 

C’est tout simplement l’illustration et la décoration d’un texte et d’un contexte par l’image. L’art de l’enluminure est la « mise en lumière » d’un texte, d’un contexte. Sans l’écriture, c’est simplement de la peinture médiévale. Mais contrairement aux idées reçues, l’art de l’enluminure n’est pas réservée qu’aux textes bibliques.

  • Qui est Pierre-Yves Jolit? 

Pierre-Yves Jolit est un enlumineur et calligraphe depuis plus de 15 ans. Je l’ai rencontré lors d’un stage en médiation culturelle en Touraine, il y a 1 an. Il a fait ses études dans la calligraphie dans l’institut Alcuin, Il perfectionne sa technique en faisant des stages et en pratiquant tout seul. Pierre-Yves Jolit enlumine des textes médiévaux, contemporains, bibliques, des poèmes, etc. Il joue avec différents supports, en mélangeant des manuscrits différents par exemple. Son travail passe par la copie d’enluminures déjà existantes, mais ce n’est pas de la copie pour la copie. Il cherche avant tout à retrouver l’esprit et le style de l’enlumineur d’origine. Il cherche à imiter le plus possible ses anciens maîtres, jusqu’à les personnifier.

Pour voir le reportage sur Pierre-Yves Joli t: cliquez ici

  • Quelle est thématique principale de l’exposition? 

Alors, l’exposition In Vino Veritas a pour thème le vin. Nous avons choisi ce thème pour faire un lien entre les oeuvres et le lieu, la Galerie Art & Vin. Et Pierre-Yves Jolit a déjà fait une expo sur le vin aussi. Et c’est une occasion de rappeler qu’on est dans l’époque des vendanges.

  • Quels sont les projets de votre association? 

On a pour projet de faire d’autres reportages sur d’autres enlumineurs rencontrés récemment, de traduire le site internet en anglais parce que beaucoup de ces enlumineurs sont étrangers (Anglais, Italiens, Japonais, …). Et enfin, on essaie de faire des partenariats avec l’Institut de l’Enluminure à Angers et avec The Society of Scribes and Illuminators, en Angleterre.

Foulage du raisin

Foulage du vin

Un jour sans vin

Un jour sans vin

les Buveurs

Les Buveurs

VEROE CREATION

Suite à son exposition du 19 au 28 mai 2015, Véronique Barrière de Sevin nous éclaire sur son travail :

Ce qui caractérise mon travail; c’est d’abord l’harmonie des  couleurs et  la rythmique des compositions.
J’utilise une technique mixte : assemblage papier & Dessins et /ou peinture et travaille la matière papier de la même façon qu’une palette de peinture.
J’insère quelques mots ou fragments de textes dans la composition qui me permettent de traduire l’ambiance que je souhaite rendre.
La nature, l’écologie, les voyages, la féminité, la gourmandise, le monde des enfants, sont des thèmes abordés dans mon travail et dernièrement sur Paris ( d’après mes propre photos.)

Architecte d’intérieur & Designer de formation, après une année préparatoire aux écoles d’Art supérieur (école Maryse Eloy), je suis sortie diplômée de I.D.E.A / Institut de Design et d’Architecture intérieure en 1993  à Paris aujourd’hui LISAA.
Soif d’une grande créativité, c’est plutôt vers l’univers de la peinture que je me tourne dès la fin de mes études.
D’un esprit curieux, mon inspiration me vient de tous horizons ; au détour des voyages, des scènes de vie quotidienne.

Auparavant, j’ai pu exercer mon «oeil» en tant qu’iconographe à l’agence Inside Photos, puis au Magazine Maison Côté Ouest entant que concepteur -graphiste, à la Création textile pour Mlle « Tiss »ou encore en Architecture d’intérieur chez IKEA.

Pour un aperçu rendez-vous sur  http://veroe.s.free.fr/

Les Bas-Fonds du Baroque : La Rome du vice et de la misère

Manfredi, Bacchus et un buveur

Manfredi, Bacchus et un buveur

Jusqu’au 24 mai 2015, vous pouvez découvrir l’exposition Les Bas-Fonds du Baroque : La Rome du vice et de la misère au Petit Palais à Paris.

Bien des expositions ont traité jusqu’alors de la Rome du Seicento, glorieuse Rome d’Urbain VIII où venait se presser les artistes de toute l’Europe dans l’espoir d’étudier les Léonard, Michel-Ange et autre Raphaël. Alors dominée notamment par les grands artistes du baroque que sont Bernin et Borromi, Rome au début du XVIIe siècle est à son apogée. C’est à cette Rome que s’intéresse l’exposition sous le commissariat d’Annick Lemoine et Francesca Cappelletti, Les Bas-fonds du Baroque : La Rome du vice et de la misère. Cependant, cette fois-ci le point de vue a changé et l’exposition s’attache à présenter l’envers du décor de cette Rome si glorieuse. Elle nous présente les « envers nocturnes » de Rome (comme le souligne les directeurs de la Villa Médicis et du Petit Palais, Eric de Chassey et Christophe Leribault, dans le catalogue de l’exposition), le danger, la violence, l’alcool et la tromperie. Ce sont alors en grande partie les suiveurs de Caravage, mort en 1610, qui s’attachent à présenter cet aspect de Rome, ces personnages si souvent oubliés des autres artistes. Sont ainsi représentés tous les grands artistes présents à Rome au début du siècle : Valentin de Boulogne, Bartolomeo Manfedi, Jusepe de Ribera, Claude Gellée dit Le Lorrain, Nicolas Tournier, Gerrit van Honthorst et bien d’autres. A travers ces 70 tableaux et dessins, l’exposition du Petit Palais nous plonge dans la vie des artistes, dans celle du peuple romain noyé dans l’alcool et la misère.

Se dégage plusieurs thématiques au sein de cette exposition. Tout d’abord, elle s’attache à présenter le cadre de vie des peintres qui y sont représentés, par la présentation des confréries et des rites bachiques auxquels les peintres se soumettaient, mais aussi par la présentation de Rome vue par ces artistes. A cela s’associe la présentation du mythe de Bacchus, dès la deuxième salle, qui régit la vie des artistes présentés dans cette exposition. Bien que moins représenté qu’aux précédentes époques, Bacchus garde une place importante pour ces artistes, surtout dans leurs œuvres. Ainsi, les Bas-fonds du Baroque se présente comme une exposition hors du commun, notamment de par sa scénographie, traitant un thème peu étudié jusqu’alors : les artistes caravagesques ayant été remis sur le devant de la scène par de précédentes expositions, comme « Corps et Ombres : Caravage et le caravagisme européen » présenté l’année dernière au musée Fabre et au musée de Toulouse, mais jamais de ce point de vue.

Eloïse Faity

JC Grout, photographe

Spotlight in LH #7

Jean-Charles Grout, photographe, exposé du 13 janvier au 25 février à la galerie, a réalisé une série de photos nous plongeant dans une atmosphère urbaine. Il a accepté de répondre à nos questions :

  • Quel a été votre parcours avant de vous consacrer à la photographie?

Je suis artiste photographe depuis moins de deux ans. Auparavant, j’ai exercé pendant 15 ans diverses fonctions marketing pour le secteur publicitaire des médias.

  • Qu’est-ce qui vous a poussé vers la photographie?
Avant tout c’est le besoin de m’exprimer artistiquement qui s’est imposé. J’ai choisi la photographie car j’aime l’instantanéité que permet l’appareil photo.
Ensuite j’aime aussi l’idée que le résultat final, la photo, est une empreinte d’une scène qui a réellement existé, dans un moment et un lieu précis.
  • Comment s’est déroulé la réalisation de cette série de photos? 
D’une manière générale, mes réalisations se conçoivent dans une approche graphique de la photographie, jouant sur les perspectives, les équilibres, les jeux de lignes et de lumières.
Pour cette série, j’étais en ballade photographique. A un moment, je me suis retourné et j’ai vu ce paysage face a moi. Tout est là, comme une évidence. La lumière, les lignes, la force de l’image. De ce moment, une série de photographies est née. La déclinaison d’un même sujet autour de différentes atmosphères.
  • Quel matériel utilisez-vous? Est-ce que vous retouchez systématiquement vos photos? 
Je travaille avec un réflex numérique pro, le nikon D800, et deux objectifs de la même marque.
Oui je retraite très fréquemment mes photos car ce qui m’importe c’est de proposer un univers singulier, narratif et émotionnel.
Les prises de vue constituent donc ma matière première que je retravaille selon l’atmosphère que je souhaite créer.
  •  En dehors du thème de l’exposition, quels sont les sujets qui vous inspirent? 
Comme je vous l’expliquais, je suis particulièrement sensible aux jeux de lumières et de lignes. Les concepts de mouvement, de flou, de suggestion s’invitent aussi régulièrement dans mes compositions.
Je travaille toujours sous forme de séries qui sont le fruit de thèmes réfléchis en amont et qui se construisent au fur et à mesure de mes croquis mentaux, de mes essais.
  • Pouvez-vous nous parler de vos prochains projets? 
Je travaille en fil rouge sur une série qui s’intitule « Lignes de Vie » et que j’alimente tout au long l’année.
Le prochain projet devrait se construire autour de la lumière urbaine (l’éclairage publique) et le corps en mouvement, la danse.

In Canto Veritas ou l’art de savourer l’opéra en dégustant le vin

L’idée qui a présidé à la création de ce spectacle-dégustation est la fusion des sens notamment par la mise en écho des couleurs sonores , des arômes et des saveurs, en montrant par analogie que  les associations choisies style de chant – style de vin sont pertinentes, renforcent le plaisir des sens et de l’esprit.

Quelques heures avant l’ouverture du spectacle, dans les coulisses, les préparatifs sont en ébullition : mise en place pour l’enregistrement son et lumière du spectacle, préparation des costumes des uns et échauffement vocal des autres …

Déjà, les premiers spectateurs arrivent en foule et plus nombreux que prévu. Placés au fur et à mesure dans la salle, celle-ci devient tout à coup plus petite, mais plus chaleureuse et conviviale.

Quelques minutes plus tard, les artistes entrent en scène, et entonnent le « Chi me frena in tal momento” extrait de l’opéra Lucia de Lammermoor de Donizetti.

La puissance des voix des quatre chanteurs d’opéra – Cherise Lukow (Soprano colorature), Nana Sawauchi (Soprano), Christophe Caul (Ténor) et Julien Rouquès (Baryton) – accompagnés au piano par Karl Baraquin, captive immédiatement l’auditoire et les premiers applaudissements retentissent.

Julien, Cherize, Christophe et Nana, les chanteurs  d’opéra de la soirée, Chi me frena in tal momento

Philippe CATZ, animateur et organisateur de cette soirée,  souhaite la bienvenue au public, présente le thème de la soirée “Savourez l’opéra au son du champagne”, pendant qu’un premier  champagne rosé est servi. Il s’agit d’un vin féminin et gourmand, annonçant le célèbre “J’ai deux amants”  chanté par Nana de “L’amour masqué” de Messager, avec une voix bien placée portée par un excellent jeu de scène.

Philippe Catz

Philippe Catz, animateur et organisateur de l’événement

Pendant les applaudissements, un balai de maîtres d’hôtel se glisse entre les rangs de spectateurs pour reprendre les verres à champagne, puis, sous la conduite du pianiste, chaque chanteur effectue quelques secondes de vocalises pour montrer son registre vocal personnel. Afin de mettre en lumière la complémentarité des voix, Cherize, Nana et Christophe interprètent ensuite le “Trio des Masques” de Mozart (Don Giovanni).

Le second vin est alors servi, c’est un vin rouge, sans bulles celui-là, il s’agit d’un Brouilly, charmeur et chaleureux, qui caractérisera tout au cours de son évolution dans le verre le stulee de chacun des chants qui vont suivre : Tout d’abord un nez floral sur le  “duo des fleurs” (Lakmé, Delibes) par Nana et Cherize, puis une bouche acidulée qui taquine le palais et rappelle le côté espiègle de “Mein Herr Marquis” de Strauss (Die Fledermaus : La Chauve Souris) chanté par Nana et enfin la puissance et la profondeur des arômes et saveurs, sur le “O soave fanciulla” (La Bohème, Puccini), en duo de Cherize et Christophe.

Un second vin rouge, piémontais cette fois, est dégusté. Il s’agit d’un Pino Nero « Il Brigante ». Il se présente – au nez –  d’abord masqué, son expression aromatique reste ambigüe mais révèle quelques « notes » variées d’une grande complexité, faisant écho à la supercherie du Duc puis des notes plus profondes rappellent la passion de Manon, enfin, il explose dans un bouquet d’arômes de fruits noirs et réglissés au moment où les deux chants suivants sont interprétés.
Le premier, “Signore ne principe” (Rigoletto, Verdi) est de nouveau un duo admirable entre Cherize et Christophe, et le second chanté par Nana et Christophe (Duo de Manon, Massenet) nous met au comble de la passion et dans les « secrets du cœur » de ce vin.

Cherize et Christophe, Signore ne principe

Nana et Christophe, Duo de Manon

Cherize et Nana, Duo des fleurs

Sur la dernière partie du spectacle, de grands classiques de l’opéra sont interprétés avec maestria, précision et puissance par Cherize puis Christophe : Dans le rôle de « la reine de la nuit » de la Flûte enchantée de Mozart, Cherize nous révèle une interprétation de la vengeance de l’enfer ‘der Hölle Rache’ puis Christophe chante le  ”Ch’ella mi creda” extrait de la Fanciulla del West de Puccini.

Enfin, un dernier champagne – Blanc de Noirs – pour accompagner l’extrait célébrissime “Libiamo” de La Traviata (Verdi) est apporté sur plateau. Verre en main, nos chanteurs entonnent les premières notes, invitent les spectateurs à reprendre, puis toute la salle se lève, dans un grand moment d’enthousiasme.

Philippe Catz tient à remercier les artistes pour leur performance vocale, le pianiste pour son remarquable accompagnement, Julien Rouquès le directeur artistique, ainsi que Vanina, directrice du Studio International pour son chaleureux accueil. Puis il invite artistes et spectateurs à échanger sur le chant et le vin, autour d’un buffet.

Photos prises par Bertrand Catz. 

Rencontre avec Jean-Jacques Grand

Jean-Jacques Grand est un artiste calligraphe. Exposé à la galerie Art et Vin à la fin du mois de novembre 2014, il s’est prêté au jeu de l’interview.

  • Quelle a été votre formation? Votre parcours? 

Je suis quelqu’un qui dessine. J’ai toujours dessiné depuis que je suis petit, j’ai dû dessiner avant d’écrire. J’ai eu une éducation artistique par ma mère qui, déjà à mes 5-6 ans, m’amenait dans les musées et dans les galeries. Je voulais faire un métier lié au dessin, je voulais être artiste mais mes parents ont préféré me mettre dans une école professionnelle, l’école Estienne où l’on apprend un métier. Donc j’ai appris le métier de dessinateur-lithographe, je me suis formé au dessin de lettres et à la calligraphie. Et en sortant d’Estienne, j’ai exercé ce métier à droite à gauche. J’ai travaillé au musée de l’Homme, dans une agence de publicité et également dans des journaux. C’est à l’âge de 30 ans que je me suis mis en indépendant pour vivre de mon métier.

  • Quel est votre métier?

Alors mon métier ce n’était pas d’être peintre mais d’être illustrateur et créateur de caractères. J’ai dessiné des logos et des lettres. Le fait de dessiner et de créer des caractères pour la typographie m’a obligé à approfondir la calligraphie. Les caractères typographiques sont issus de la calligraphie et du dessin de la lettre. Je me suis donc consacré à la calligraphie, particulièrement la calligraphie latine servant de base aux caractères typographiques.

  • Comment décririez-vous votre style?

De cette calligraphie sage et disciplinée, je suis passé à une calligraphie plus libre, plus créatrice et à la recherche des espaces, des mouvements jusqu’à la calligraphie abstraite. Je me suis mis à dessiner de plus en plus en obéissant aux règles de la calligraphie, c’est-à-dire à la culture du trait : le trait expressif, fort, le trait tendre, harmonieux et éviter les traits morts.Je me suis mis à dessiner tout ce qui me passait par la tête. Je fais tout de mémoire, ce sont des choses qui sont en moi. J’essaye d’exprimer le mouvement essentiellement et l’impression que fait tel ou tel animal. Ce n’est en aucun cas une étude documentaire. Pour moi, la calligraphie consiste à remplir un espace avec des traits qui sont vivants et qui expriment quelque chose.

  • Comment se déroule votre travail? 

J’utilise les instruments de la calligraphie c’est-à-dire : des calames, des plumes et des pinceaux. Je travaille très vite, dans l’instant. Dès que je ressens intensément quelque chose, je le calligraphie très rapidement avant de penser à dessiner. Je ne conçois pas l’espace, je fais tout à l’instinct et très vite avant que mon esprit raisonne. Une calligraphie ratée ne se retouche jamais, on en fait une autre. J’ai donc fait des centaines et des centaines de chevaux, d’insectes etc. Je ne fais jamais un crayonné pour positionner ce que je vais faire.

  • Pourquoi une série sur les chevaux?

Je ne connais pas les chevaux, je ne suis jamais monté à cheval mais je les ai toujours dessinés depuis que je suis tout petit. Je dessinais des batailles avec des chevaux. Je n’ai jamais dessiné un cheval d’après un modèle. Je dis que je me sens cheval, il faut que je sois un cheval. Je n’ai jamais dit « je sens que je dois être un cavalier ». Quand je fais un poisson, je suis le poisson et quand je fais un insecte je suis l’insecte par exemple.

Par ailleurs, depuis 5-6 ans j’expose régulièrement à Saumur où il y a un salon « Art Cheval » réunissant uniquement des œuvres sur les chevaux. Cette année j’ai exposé une cinquantaine de dessins de chevaux. Dans la galerie actuellement, c’est une partie des œuvres que j’ai exposé à Saumur. Je vais également exposer au Salon du cheval à Villepinte.

  • Quels sont vos prochains projets? Vos nouvelles inspirations?

Je viens de rencontrer un danseur, je vais essayer d’aller le voir sur scène. J’ai déjà dessiné des danseuses sur des chevaux. Le thème du danseur exprime également des mouvements, aussi bien d’envol que de station. Je pense que cela va m’inspirer. Je vais peut-être laisser le cheval de côté et revenir à l’abstrait. Pour moi c’est le trait qui exprime et peu importe le sujet.